Le mec dans le bar m’avait fait signe d’approcher.

Il voulait m’offrir une bière, j’avais une gueule sympathique.

Comment pouvais-je savoir que ça me mènerait à étrangler une pute au fond des cales d’un cargo amarré au port de Rhodes ?
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Je me suis encore fait enculer.
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Je ne bande plus.
Plus rien, plus rien, plus rien dans mon slip ne bouge quand un vagin se trémousse.
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Je l’attends avec une batte, dans un renfoncement de la coursive.
Je l’attends avec une batte, un sourire aux lèvres, perspective de la libération.
Je l’attends avec une batte, mes mains sont sèches sur le manche, aucune hésitation, aucun doute ne vient troubler ce moment idéal.
Je l’attends avec une batte, je savoure l’instant, déguste le silence, et j’entends enfin des talons hauts s’approcher vers leur perte.
Je l’attends avec une batte, un grand sac, une scie, des baillons, des torchons, des gants en latex, vingt mètres de cordes, un couteau, six bougies, deux briquets, une cagoule et un masque.

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La vieille, la vieille rance range ses amarres et descends souvent jeter les restes, de son repas, de ses entraves, de ses peintures et parfois de tapisserie mauve. Elle aime le Japon la vieille, Monique, appelons-la Monique, parce que c’est son prénom, en réalité, la vieille c’est moi qui l’appelle comme ça, parce qu’elle est vieille Monique. Elle aime le Japon. Elle porte souvent des peignoirs en soie, motifs de cerisiers en fleurs, parfois sur ses joues des ronds poupons, petite bouche, fard blanc.

La vieille jette le Japon, par petites touches, moi je ramasse, son bateau volant fait de l’ombre sur ma bicoque alors je l’égaie de points de couleurs récupérés. Faut dire que j’aime pas trop ça acheter moi, Monique elle aime et elle produit des poubelles. En face de la vieille Monique il-y-a le Maître du Haut-château, parce qu’il boit beaucoup, du vin, du rouge, de la cuvée du haut-chateau, alors il a plein de bouteilles, comme ses sujets, c’est pour ça que c’est le maître du haut-chateau, son prénom en réalité c’est Ghislain, mais Monique l’ignore et moi je les imagine amoureux. Par exemple, un jour, Monique elle descends de son bateau avec ses poubelles et Ghislain lui il revient de ses achats, son cabas cliquetant d’ivresse future, et là leurs regards se croisent, FLASH, l’amour, fou, mais ils savent pas faire, alors ils rougissent et Monique ça se voit pas, et Ghislain non plus parce qu’il a la couperose, alors ils se savent pas et vlan, foutu l’amour, détruite la belle histoire.

Moi je peux rien dire quand ça arrive, parce que j’ai pas de jambes et je peux pas courir pour leur dire que j’ai vu qu’ils s’aimaient et que chacun a raté l’émotion de l’autre. Alors je laisse des mots, mais comme je sais pas écrire ils ne les comprennent pas. Ça fait longtemps maintenant que je veux leur dire, mais ils ne me parlent pas non plus, c’est parce que j’ai des boutons sur le visage, rapport à la peste. Tous me fuient.

L’autre jour c’est mon anniversaire, j’ai brûlé le bateau, et Ghislain est allé sauver la vieille Monique. Ils sont partis à l’hôpital et la police est venue après. Je suis heureux ils sont ensemble, et maintenant j’ai pleins d’amis, et puis je joue à me trémousser, ils me collent les rondelles sur le crâne et je me trémousse, c’est rigolo, ça pique un peu et puis je bave.

Dans le noir je l’entends gémir, petite femme sans avenir, aux hanches brisées, à la langue tuméfiée. Elle n’aurait pas du me parler de cette façon, plus personne, plus personne n’a le droit de me manquer de respect, surtout sachant qui je suis. Faut dire que j’ai payé mon dû, j’ai payé plus qu’il ne fallait, je le sais, et j’ai appris et j’ai dissimulé ce que j’avais appris. Je déteste que l’on m’insulte, si on le fait moi je punis.
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J’ai cherché dans les drames, la trame d’un schéma, pour prétendre à de l’âme, pour découvrir mes droits. J’ai cherché dans les larmes, un peu de substance, un peu de douleur, un peu de la candeur que les enfants ont, parfois. J’ai cherché dans les femmes, une odeur d’avant, un parfum d’abandon.

Je n’ai trouvé que rien, car je ne cherchais pas bien.

J’ai cherché en voyage à découvrir le monde, à ouvrir mon cœur aux horizons lointains. J’ai cherché dans le sport la puissance, la joie, d’écraser l’autre, de vaincre, d’être le premier enfin, puis j’ai chu. Alors j’ai cherché dans l’histoire, dans les guerres, les plans, les enchaînements improbables qui font les nations un peu de passion, un peu d’essence.

Je n’ai trouvé que rien, car je ne cherchais pas bien.

J’ai cherché dans l’art la sublimation de mon moi intérieur, la catharsis efficace, la perfection des lignes et je n’ai rien trouvé encore, sauf vanité et caprices. J’ai cherché dans les hommes le pouvoir et l’argent et de vendre mon corps pour ces deux éléments. Puis les villas les voitures l’alcool et la drogue et alors peut être me sentirai-je vivant.

Je n’ai trouvé que rien, car je ne cherchais pas bien.

Et c’est ainsi que j’ai trouvé ce qui liait tout, les drames, les cris, les femmes, les voyages, la victoire, le concert des nations, la puissance de l’ego, le pouvoir et la drogue sont réunis au final dans une magnifique activité, je suis tradeur en CO2 et nouveau roi du monde.

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Lingerie féminine, le panneau au-dessus du magasin m’évoque des velours noirs, des satins sauvages, de vieilles culottes en dentelle et des images de grosses femmes. Des femmes aux grosses fesses qui se dandinent sur de la techno brutale. Masses graisseuses et tremblantes sous les coups sismiques des hanches, les pantalons fluos grincent sous la tension incroyable que la transe leur fait subir. Et se dessinant sous le vinyle les contours gigantesques des culottes, des strings, des tangas et des boxers portés bien haut.
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Sordide sacrilège soudain dans mon slip, je découvre une goutte d’urine qui s’épanche et je m’effraie. Retour d’énurésie, sinistre mémoire, à la fin de ma vie je retrouve les affres du début de celle-ci. Dans mon lit j’appuie sur le bouton à bout de doigt. Vient me sauver infirmière sibylline, toi qui sans un mot souvent me dévoile les ravage du temps sur mon corps décharné. Crevasses, rides, plaies purulentes et maintenant urine, mon corps s’enfuit, se carapate, dégraisse et flanche. Lire la suite »

Le ressac malhabile ne fait rouler que mes espoirs
Entre ses doigts sirupeux, à la frontière du gris et du noir
Et j’entends dans le vent mugir et des cris d’enfants
Portées par les embruns: quelques gouttes de sang

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Amélie13a : cc
Roger45 : bonsoir toi
Roger45 : ça va ?
Amélie13a : bof je m’ennuie, mes parents st encore pas là
Roger45 : ma pauvre petite, alors qu’il y a la fête
Amélie13a : ha bon ?
Roger45 : oui, les manèges, les jeux
Amélie13a : ha non c’est trop nul
Roger45 : et bien si tu veux je peux t’y amener
Amélie13a : c’est vrai ? je pourrais manger ds chichis
Roger45 : ho oui tu mangera tous les chichis que tu veux
Amélie13a : ben sa serait trop bien !
Roger45 : voui, tu pourras même faire du poney
Amélie13a : ouais !!!!
Roger45 : si tu veux on se retrouve au parc et on y va ensemble ?
Amélie13a : génial !
Amélie13a : de suite ?
Roger45 : oui bien sûr, on se retrouve sur le banc à côté de la fontaine ?
Amélie13a : trop cool j’arrive
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Edmond est boucher, sa femme Gisèle femme de boucher.
Chaque jour il hache, coupe, lacère, bats, lie, dénoue, fustige les pouvoirs publics puis prépare la cervelle pour Madame Pique, pendant qu’elle sert les clients, parle du climat, du bon vieux temps du Maréchal. La locution cesse Fabien se presse contre la vitre, Fabien fils du voisin, petite teigne vitupérante, édenté, roux et goguenard, le postérieur posé contre la vitre lavée de frais. Lire la suite »

Elle empâquerette, ho oui, elle empâquerette, recouvre de fleur ses souvenirs.
Elle empâquerette, elle mets des cartons doux sur ses traces tristes.
Elle sangle solidement ses souvenirs fugace à sa carcasse.
Elle scotche grandement ses douceurs, ses envies, à sa malle.
Elle libère dans le fleuve ses briques, ses dalles.
Elle lâche dans le vent ses douleurs, elle se casse.
Elle recouvre de temps, ses voies, ses pistes.
Elle empâquerette, ho oui, elle empâquerette, elle va revenir.

L’homme est allongé dans son lit. Il n’a plus de cheveux, plus de sourcils, plus de barbe, sur sa table de chevet un livre de Paulo Coehlo supporte une vieille tasse de café froide. Les rideaux de la chambre sont tirés. Dans le lointain un morceau de hip-hop résonne, les basses profondes sont les seules sonorités qui habitent la pièce. Peu à peu l’homme a le souffle qui s’accélère, il ouvre les yeux et s’assied. Il ne sait pas à quel jour de la semaine ce réveil correspond, il est onze heure trente quatre. L’homme reste un moment le regard fixe, puis il vomit dans une bassine. Il a perdu beaucoup de poids, son pyjama bleu flotte.
La porte d’entrée s’ouvre, deux femmes entrent, une infirmière et une femme de ménage, elles resteront une heure, chacune insufflant un semblant de vie, qui dans le corps, qui dans l’appartement. Après leur départ l’homme se rendort.

L’homme est assis dans son lit. Ses cheveux sont courts, ses sourcils se dessinent, sa barbe pointe. C’est jeudi. Il sourit. Sourire carnassier. Sur sa table de chevet un livre de Louis Ferdinand Céline. Les rideaux laissent entrer un peu de lumière. L’homme regarde le plafond, à côté du livre une livre sur lequel on peut lire « Je n’ai plus rien à perdre, je n’ai plus rien à gagner ».

L’homme est debout au bord de son lit, il est en caleçon, il a repris du poids, il étale sur le matelas des habits neufs sortis de grands sac en plastique : un costume sombre, plusieurs chemises, un pyjama vert à rayures, une cravate à motifs rouges et verts. Dans un coin de la pièce un ordinateur dans sa boîte attends d’être déballé. Plus loin un seau, une scie, une batte de base-ball.

Sur la table de chevet un magazine qui titre : « Internet : les dangers pour vos enfants ».

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