Le ressac malhabile ne fait rouler que mes espoirs
Entre ses doigts sirupeux, à la frontière du gris et du noir
Et j’entends dans le vent mugir et des cris d’enfants
Portées par les embruns: quelques gouttes de sang

Lire la suite »

Amélie13a : cc
Roger45 : bonsoir toi
Roger45 : ça va ?
Amélie13a : bof je m’ennuie, mes parents st encore pas là
Roger45 : ma pauvre petite, alors qu’il y a la fête
Amélie13a : ha bon ?
Roger45 : oui, les manèges, les jeux
Amélie13a : ha non c’est trop nul
Roger45 : et bien si tu veux je peux t’y amener
Amélie13a : c’est vrai ? je pourrais manger ds chichis
Roger45 : ho oui tu mangera tous les chichis que tu veux
Amélie13a : ben sa serait trop bien !
Roger45 : voui, tu pourras même faire du poney
Amélie13a : ouais !!!!
Roger45 : si tu veux on se retrouve au parc et on y va ensemble ?
Amélie13a : génial !
Amélie13a : de suite ?
Roger45 : oui bien sûr, on se retrouve sur le banc à côté de la fontaine ?
Amélie13a : trop cool j’arrive
Lire la suite »

Edmond est boucher, sa femme Gisèle femme de boucher.
Chaque jour il hache, coupe, lacère, bats, lie, dénoue, fustige les pouvoirs publics puis prépare la cervelle pour Madame Pique, pendant qu’elle sert les clients, parle du climat, du bon vieux temps du Maréchal. La locution cesse Fabien se presse contre la vitre, Fabien fils du voisin, petite teigne vitupérante, édenté, roux et goguenard, le postérieur posé contre la vitre lavée de frais. Lire la suite »

Elle empâquerette, ho oui, elle empâquerette, recouvre de fleur ses souvenirs.
Elle empâquerette, elle mets des cartons doux sur ses traces tristes.
Elle sangle solidement ses souvenirs fugace à sa carcasse.
Elle scotche grandement ses douceurs, ses envies, à sa malle.
Elle libère dans le fleuve ses briques, ses dalles.
Elle lâche dans le vent ses douleurs, elle se casse.
Elle recouvre de temps, ses voies, ses pistes.
Elle empâquerette, ho oui, elle empâquerette, elle va revenir.

L’homme est allongé dans son lit. Il n’a plus de cheveux, plus de sourcils, plus de barbe, sur sa table de chevet un livre de Paulo Coehlo supporte une vieille tasse de café froide. Les rideaux de la chambre sont tirés. Dans le lointain un morceau de hip-hop résonne, les basses profondes sont les seules sonorités qui habitent la pièce. Peu à peu l’homme a le souffle qui s’accélère, il ouvre les yeux et s’assied. Il ne sait pas à quel jour de la semaine ce réveil correspond, il est onze heure trente quatre. L’homme reste un moment le regard fixe, puis il vomit dans une bassine. Il a perdu beaucoup de poids, son pyjama bleu flotte.
La porte d’entrée s’ouvre, deux femmes entrent, une infirmière et une femme de ménage, elles resteront une heure, chacune insufflant un semblant de vie, qui dans le corps, qui dans l’appartement. Après leur départ l’homme se rendort.

L’homme est assis dans son lit. Ses cheveux sont courts, ses sourcils se dessinent, sa barbe pointe. C’est jeudi. Il sourit. Sourire carnassier. Sur sa table de chevet un livre de Louis Ferdinand Céline. Les rideaux laissent entrer un peu de lumière. L’homme regarde le plafond, à côté du livre une livre sur lequel on peut lire “Je n’ai plus rien à perdre, je n’ai plus rien à gagner”.

L’homme est debout au bord de son lit, il est en caleçon, il a repris du poids, il étale sur le matelas des habits neufs sortis de grands sac en plastique : un costume sombre, plusieurs chemises, un pyjama vert à rayures, une cravate à motifs rouges et verts. Dans un coin de la pièce un ordinateur dans sa boîte attends d’être déballé. Plus loin un seau, une scie, une batte de base-ball.

Sur la table de chevet un magazine qui titre : “Internet : les dangers pour vos enfants”.

Lire la suite

L’homme se redresse, son lit est sale, c’est dimanche. Il grogne puis se masse l’épaule, il cherche un moment ses pantoufles et les trouve sous son secrétaire, les chausse et se dirige vers la salle de bain, miction. Ensuite il se prépare un café et regarde par la fenêtre, il hésite à allumer la télévision, la télécommande à la main. Il reste un moment immobile, finalement son regard se déplace vers le mur à la droite de la fenêtre, sur l’horloge. Il pose sa tasse de café sur la table basse. Il observe l’heure. Il respire profondément. Une minute passe. Une deuxième la suit. La troisième prends le même chemin circulaire. L’homme inspire alors une grande goulée d’air, ferme les yeux et retiens sa respiration. Toujours en apnée il monte les bras à l’horizontale doucement, et les redescends. Il ouvre les yeux et expire. Il fait quelques étirements, va consulter un agenda et sourit. Il enfile une tenue de sport bleue à trois bandes blanches et des baskets souples. Il prend un serviette en coton propre dans la salle de bain et sort de chez lui. Il descend les marches de ses escaliers rapidement, salue le concierge, le cantonnier et la voisine. Il monte dans un bus qui le dépose à la plage. Il rejoint alors un groupe de gens âgés, habillés eux aussi de vêtements de sport. Tous discutent en faisant des mouvement amples et lents, des étirements, des flexions. Une jeune femme sort d’un groupe, tape dans ses mains, à ce signal les gens s’alignent tranquillement. La jeune femme fait des mouvement lents de mise en forme, tous la suivent. Après quelques mouvement basiques elle montre des mouvements plus élaborés, tous l’imitent, elle parle de l’esprit du Tai-Chi, de son histoire et de la signification des gestes. L’ensemble de la séance dure une heure.
Quand le groupe se disperse, l’homme part seul pour marcher au bord de mer, mais alors qu’il passe devant un groupe de joueurs de volley, il se met la main au côté et s’agrippe le foie. Il semble souffrir, son visage est marqué de lignes dures, ses yeux embués de larmes. Il s’assied sur un banc et passe un moment immobile, la douleur possédant totalement son visage couvert de sueur. Au bout d’une heure et demi, l’homme se lève, son allure est beaucoup moins alerte, il se dirige vers l’arrêt de bus le plus proche et rentre chez lui.

Lire la suite

Je n’aurai d’attention que pour tes yeux.
Je ne regarderai pas tes levres douces ni tes seins merveilleux.
Je n’aurai d’attention que pour tes yeux.
Je ne chanterai pas tes formes, belles, et ton sourire radieux.
Je n’aurai d’attention que pour tes yeux.
Tes mains si tendres, tes épaules si croquantes,
Ne seront pas objets de mes vœux.
Je n’aurai d’attention que pour tes yeux.
Tes jambes satinées et ta taille de guêpe, ne seront pas de mon désir l’enjeu.
Je n’aurai d’attention que pour tes yeux.

Dans tous les cas dans ta burqa, je ne verrai qu’eux.

L’homme se réveille, il se redresse dans son lit, c’est lundi. Il se masse l’épaule droite en grognant puis passe ses pantoufles. Ses vieux os craquent quand il se lève, dans le miroir il recoiffe rapidement ses tempes grises, ses cheveux gras se rangent en mèches disgracieuses, ses doigts glissent. Il les frotte contre son pyjama vert, sur son ventre, masse graisseuse qui le précède dans le couloir alors qu’il se dirige vers la cuisine. Au passage il allume le poste de télévision. Lire la suite »

Je l’attends avec une batte, dans un renfoncement de la coursive.
Je l’attends avec une batte, un sourire aux lèvres, perspective de la libération.
Je l’attends avec une batte, mes mains sont sèches sur le manche, aucune hésitation, aucun doute ne vient troubler ce moment idéal.
Je l’attends avec une batte, je savoure l’instant, déguste le silence, et j’entends enfin des talons hauts s’approcher vers leur perte.
Je l’attends avec une batte, un grand sac, une scie, des baillons, des torchons, des gants en latex, vingt mètres de cordes, un couteau, six bougies, deux briquets, une cagoule et un masque.

Lire la suite »

Je ne bande plus.
Plus rien, plus rien, plus rien dans mon slip ne bouge quand un vagin se trémousse.
Lire la suite »