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Le mec dans le bar m’avait fait signe d’approcher.

Il voulait m’offrir une bière, j’avais une gueule sympathique.

Comment pouvais-je savoir que ça me mènerait à étrangler une pute au fond des cales d’un cargo amarré au port de Rhodes ?
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Je me suis encore fait enculer.
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Je ne bande plus.
Plus rien, plus rien, plus rien dans mon slip ne bouge quand un vagin se trémousse.
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Je l’attends avec une batte, dans un renfoncement de la coursive.
Je l’attends avec une batte, un sourire aux lèvres, perspective de la libération.
Je l’attends avec une batte, mes mains sont sèches sur le manche, aucune hésitation, aucun doute ne vient troubler ce moment idéal.
Je l’attends avec une batte, je savoure l’instant, déguste le silence, et j’entends enfin des talons hauts s’approcher vers leur perte.
Je l’attends avec une batte, un grand sac, une scie, des baillons, des torchons, des gants en latex, vingt mètres de cordes, un couteau, six bougies, deux briquets, une cagoule et un masque.

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Mardi vingt-sept juin, encore une réunion interminable, Mathieu – du service comptabilité – nous présente un plan de réduction des dépenses de fonctionnement en dix-sept phases, chacune divisée en trois périodes, nous en sommes à la cinquième : « optimisation des placards, période deux, réduction du nombre des agrafes utilisées par dossier de chantier ». J’en suis donc à mon troisième café, j’ai pris un grand à l’américaine, j’aime beaucoup le café, ou alors c’est lui qui m’adore je ne saurais dire. Parfois je ne bois que cela de la journée, le dimanche par exemple – café, café, café – et très peu de nourriture solide, ça fortifie. Je le sens se lover en moi et envahir mes artères, mes muscles, mon cœur, mes poumons et me rendre plus fort, plus rapide, plus hargneux, une vraie bête de guerre, la colère des Dieux.

Je suis en haut d’une colline, et derrière moi des éclairs, et le vent qui fait voler mes vêtements, et ma peau est noire, amère et forte et mon corps est solide, mon sang bouillant, de ma bouche sort des vapeurs et tous – la colline est couverte de paysans et de chevaliers en armure – inhalent les vapeurs et dansent pour moi, et alors un grand plan descend des nuages, chevauchant les éclairs et je leur explique ses étapes et sa logique dans une grande bacchanale !

Mathieu nous propose une pause, je sors le premier et je file à la cafétéria, la machine est là qui m’attends, je sors de ma poche une dosette et l’y enclenche – clac – je choisis le programme l’eau frissonne – vrrrrr – puis coule, merci merci merci l’odeur, je la respire, la retiens, la fait mienne. « Bip » il est prêt, je m’en saisi et prends place à mon bureau, près de ma plante, vers la fenêtre d’où je vois ma voiture – un coupé cabriolet 206, noir – et je commence à boire.

Aie, mon ulcère fait des siennes cette semaine, il va falloir que j’aille consulter, je me masse un peu, déjà deux ans et toujours pas de signe de mieux aller. En retirant ma main gauche de ma chemise quelque chose d’étrange m’arrive, elle est humide là où je me suis touché. Je regarde. Une tâche de café, ho la boulette, j’ai dû m’y essuyer la main, dans ma précipitation j’aurais renversé du café de la tasse sur mes doigts. Rien de très grave au final, cela ne se voit pas sous la veste de mon costume, je retourne en réunion.

Alors que j’entreprends de descendre la colline un escalier se forme sous mes pas et j’accélère, le vent emporte les nuages au loin et je suis dans une plaine, je cours à toute vitesse et le monde se courbe, les montagnes au loin, les petits bosquets d’arbres, le ciel mauve et le Soleil – les Soleil – de forme alors oblongue. L’escalier s’est transformé en chemin pavé de lumière et des lampadaires le bordent. Très loin devant moi un grand bâtiment de verre, qui ondule et s’agite.

Sortie de réunion, j’ai eu très chaud, sous mes aisselles deux auréoles marrons, je suis dans les toilettes et j’essai de comprendre, il semblerait que je sue du café. Retour à mon poste de travail, je cherche sur internet si c’est possible mais ne trouve rien, le café favorise la sudation mais rien ne dit que la sueur peut en prendre l’odeur, ni la couleur. Je commence à paniquer, je m’énerve, direction la machine, j’ai envie d’un petit à l’italienne, bien serré. Dosette, programme, « bip », direction mes lèvres, je me brûle la langue, l’intérieur des joues, la trachée, des larmes me montent aux yeux. Un collègue me dévisage – « Tu as un truc bizarre sous les yeux, comme des tâches de rousseurs, mais en plus sombre, tu devrais consulter un dermato, moi ma Tante une fois elle s’est trop mise au Soleil et alors elle avait un grain de beauté, mais avec des poils le truc hein, … » – je sors en trombe et cours vers ma voiture. Effectivement, je pleure du café.

L’immeuble est gigantesque, à ses pieds un grand carrosse m’attend, autour de lui l’herbe est constituée de mains qui gigotent, mimant le mouvement des herbes dans le vent, mais pas au même tempo, le chemin me conduit à la porte du véhicule. Alors que j’approche j’en distingue les détails – rococo – on le dirait sorti d’un film pour enfant, crème et couvert de dorures, sans attelage, il scintille un peu et un chant s’en dégage – hoooooooohhaaaaaaaahoooooooo – des voix d’enfants, des voix d’ange. J’ouvre la porte et je rentre.

Soudain je me sens mal, j’ai des convulsions, comme une crise d’épilepsie, mais tout à fait lucide hélas, on dirait que toutes mes veines et mes artères s’activent, et je voie à travers ma peau, et mon sang est café, et il investie tout mon être et alors ma chair, mes muscles, mes os, mes tendons, mes nerfs et mes lymphes sont café. Je suis café.

Dans le carrosse tout s’illumine soudain, et le monde deviens soudain terne et consistant, et alors dans le gris je distingue mon visage dans le rétroviseur, je suis de retour sur Terre – enfin – le temps de l’oubli est fini, je reviens arpenter le monde, je sens partout mes prêtres célébrant l’office, en Italie avec leur formidables machines, aux Etats-Unis dans leurs offices à étoile, et le monde me sème, me récolte, me torréfie et me bois. Célébrez mortels, célébrez et donnez moi votre force.

Colère, colère, colère, rage et mal aux organes, je suis en bas d’une colline et dans les éclairs j’attends, comme tous les autres, la venue de celui nous donnera notre dose, j’attends et je scande à sa gloire : café, café, café, café …

Dans la torpeur maladive de l’été je ne sors que très peu. Les chiens qui défèquent m’effraient et souvent je panique de les croiser. Plusieurs fois j’ai dû me réfugier sur un arbre, et passer plusieurs  heures loin du sol. Dans ces moments là la chaleur est la pire ennemie et la déshydratation sa compagne mortelle, je ne veux pas mourir tout sec sur un arbre, mon maquillage tombant en plaques de mes joues fardées, le regard rivé sur un caniche ou un lévrier de race, occupé à libérer son corps des toxines putrides qui accompagnent toujours la digestion des croquettes bon marché. Ces chiens ont dans les yeux toute la haine et la rancoeur ancestrale des animaux sauvages asservis par l’Homme et obligés à se nourrir des tristes restes d’autres espèces elles aussi esclaves serviles de notre gargantuesque besoin de dominer. J’ai peur que leur rage soudain passe au travers des millènaires de dressage et ne déferle sur moi pour équilibrer un peu la balance entre la sauvagerie et la domestication.

 

Dans le calme inquiétant de l’hiver je ne sors que très peu. Partout des amas de neige peuvent cacher une trappe ou une bouche d’égout ouverte, prette à entrainer l’imprudente dans les espaces clos et noirs des souterrains de la ville. Seuls lieux où quand la blanche couche d’eau cristalissée les aliens et autres mutants peuvent se réfugier, invisibles mais compacts leurs traces de pas se verraient quand la température est basse et la neige bien poudreuse. Ils contrôlent les magasins d’électronique  et les accessoiristes en téléphones portables. et se font livrer des pizzas au hareng.

 

Je ne consulte pas non, j’ai trop peur de devoir mettre ma main dans une de mes poches, je sais que parfois des lutins malveillants s’y cachent et vous mordent les ongles, c’est pour ça que je les ronge, je ne veux pas qu’on se nourrisse de moi. J’aime les sandwiches au thon oui et avec de la mayonnaise oui, c’est pour ça que je viens chez vous, j’en prends plusieurs pour tenir l’été ou l’hiver et aussi des haricots en boite. Merci, garder la monnaie, vous etes un bonheur sur pattes.

Il attends sur son trône, son royaume à ses pieds, nonchalant, négligé, sa panse gonflée de mets riches et gras. Il attends sur son trône, ses sujets insipides, qui trainent leur fierté le long de ses envies molles. D’une main il convoque une servante, et sans attendre elle accourt, pour porter à ses lèvres, un mégot ou un petit four. Puis il boit, il rôte il pète, et tout empeste le fat et la digestion éternelle. Jamais il ne laisse monter en lui le besoin, il l’assome à coups de pommes, de patates et de viande, crue, saignante, parfois des petits pois. Jamais il ne daigne, se pencher sur ceux qui, dans le sillage de ses odeurs, se mouchent et se bougent. C’est lui qui parle, sur son trône, c’est lui qui parle de tout, et si oncque veut l’ouvrir, c’est de lui qu’il faut dire, du bien, ou du mal peu importante, tant que son nom dans l’espace résonne.

Il attends sur son trône, parfois il sort et se pose, au bord d’une place ou d’un passage et observe les culs, les seins, les ventres qu’il désire soudain et dénigre souvent, car elles ne se jettent pas à ses pieds, sur son sexe ou dans son antre, elles ne le voient pas lui qui est tout, sinistres rombières. Alors il parle et se répands, inondant les échanges de concepts tout fait, d’idées préconçues, il ignore le sens de tant de mots, il ignore le sens de tant de choses. Mais très peu lui chaut tant l’attention est plus importante pour lui que l’intention.

Il attends sur son trône, solitaire et triste, ne comprends pas qu’on le quitte, jalouse ceux qui réussissent. Alors sur son trône il achête de l’amour, des biens, du velours, de la soie et des marques pour que jamais sur lui-même il ne pense. Il attends sur son trône que le monde lui donne la place qu’il mérite, au sommet bien sûr, au sommet c’est certain, au sommet ou bien rien.

La vieille, la vieille rance range ses amarres et descends souvent jeter les restes, de son repas, de ses entraves, de ses peintures et parfois de tapisserie mauve. Elle aime le Japon la vieille, Monique, appelons-la Monique, parce que c’est son prénom, en réalité, la vieille c’est moi qui l’appelle comme ça, parce qu’elle est vieille Monique. Elle aime le Japon. Elle porte souvent des peignoirs en soie, motifs de cerisiers en fleurs, parfois sur ses joues des ronds poupons, petite bouche, fard blanc.

La vieille jette le Japon, par petites touches, moi je ramasse, son bateau volant fait de l’ombre sur ma bicoque alors je l’égaie de points de couleurs récupérés. Faut dire que j’aime pas trop ça acheter moi, Monique elle aime et elle produit des poubelles. En face de la vieille Monique il-y-a le Maître du Haut-château, parce qu’il boit beaucoup, du vin, du rouge, de la cuvée du haut-chateau, alors il a plein de bouteilles, comme ses sujets, c’est pour ça que c’est le maître du haut-chateau, son prénom en réalité c’est Ghislain, mais Monique l’ignore et moi je les imagine amoureux. Par exemple, un jour, Monique elle descends de son bateau avec ses poubelles et Ghislain lui il revient de ses achats, son cabas cliquetant d’ivresse future, et là leurs regards se croisent, FLASH, l’amour, fou, mais ils savent pas faire, alors ils rougissent et Monique ça se voit pas, et Ghislain non plus parce qu’il a la couperose, alors ils se savent pas et vlan, foutu l’amour, détruite la belle histoire.

Moi je peux rien dire quand ça arrive, parce que j’ai pas de jambes et je peux pas courir pour leur dire que j’ai vu qu’ils s’aimaient et que chacun a raté l’émotion de l’autre. Alors je laisse des mots, mais comme je sais pas écrire ils ne les comprennent pas. Ça fait longtemps maintenant que je veux leur dire, mais ils ne me parlent pas non plus, c’est parce que j’ai des boutons sur le visage, rapport à la peste. Tous me fuient.

L’autre jour c’est mon anniversaire, j’ai brûlé le bateau, et Ghislain est allé sauver la vieille Monique. Ils sont partis à l’hôpital et la police est venue après. Je suis heureux ils sont ensemble, et maintenant j’ai pleins d’amis, et puis je joue à me trémousser, ils me collent les rondelles sur le crâne et je me trémousse, c’est rigolo, ça pique un peu et puis je bave.

Dans le noir je l’entends gémir, petite femme sans avenir, aux hanches brisées, à la langue tuméfiée. Elle n’aurait pas du me parler de cette façon, plus personne, plus personne n’a le droit de me manquer de respect, surtout sachant qui je suis. Faut dire que j’ai payé mon dû, j’ai payé plus qu’il ne fallait, je le sais, et j’ai appris et j’ai dissimulé ce que j’avais appris. Je déteste que l’on m’insulte, si on le fait moi je punis.
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J’ai cherché dans les drames, la trame d’un schéma, pour prétendre à de l’âme, pour découvrir mes droits. J’ai cherché dans les larmes, un peu de substance, un peu de douleur, un peu de la candeur que les enfants ont, parfois. J’ai cherché dans les femmes, une odeur d’avant, un parfum d’abandon.

Je n’ai trouvé que rien, car je ne cherchais pas bien.

J’ai cherché en voyage à découvrir le monde, à ouvrir mon cœur aux horizons lointains. J’ai cherché dans le sport la puissance, la joie, d’écraser l’autre, de vaincre, d’être le premier enfin, puis j’ai chu. Alors j’ai cherché dans l’histoire, dans les guerres, les plans, les enchaînements improbables qui font les nations un peu de passion, un peu d’essence.

Je n’ai trouvé que rien, car je ne cherchais pas bien.

J’ai cherché dans l’art la sublimation de mon moi intérieur, la catharsis efficace, la perfection des lignes et je n’ai rien trouvé encore, sauf vanité et caprices. J’ai cherché dans les hommes le pouvoir et l’argent et de vendre mon corps pour ces deux éléments. Puis les villas les voitures l’alcool et la drogue et alors peut être me sentirai-je vivant.

Je n’ai trouvé que rien, car je ne cherchais pas bien.

Et c’est ainsi que j’ai trouvé ce qui liait tout, les drames, les cris, les femmes, les voyages, la victoire, le concert des nations, la puissance de l’ego, le pouvoir et la drogue sont réunis au final dans une magnifique activité, je suis tradeur en CO2 et nouveau roi du monde.

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Lingerie féminine, le panneau au-dessus du magasin m’évoque des velours noirs, des satins sauvages, de vieilles culottes en dentelle et des images de grosses femmes. Des femmes aux grosses fesses qui se dandinent sur de la techno brutale. Masses graisseuses et tremblantes sous les coups sismiques des hanches, les pantalons fluos grincent sous la tension incroyable que la transe leur fait subir. Et se dessinant sous le vinyle les contours gigantesques des culottes, des strings, des tangas et des boxers portés bien haut.
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Sordide sacrilège soudain dans mon slip, je découvre une goutte d’urine qui s’épanche et je m’effraie. Retour d’énurésie, sinistre mémoire, à la fin de ma vie je retrouve les affres du début de celle-ci. Dans mon lit j’appuie sur le bouton à bout de doigt. Vient me sauver infirmière sibylline, toi qui sans un mot souvent me dévoile les ravage du temps sur mon corps décharné. Crevasses, rides, plaies purulentes et maintenant urine, mon corps s’enfuit, se carapate, dégraisse et flanche. Lire la Suite »

Le ressac malhabile ne fait rouler que mes espoirs
Entre ses doigts sirupeux, à la frontière du gris et du noir
Et j’entends dans le vent mugir et des cris d’enfants
Portées par les embruns: quelques gouttes de sang

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Amélie13a : cc
Roger45 : bonsoir toi
Roger45 : ça va ?
Amélie13a : bof je m’ennuie, mes parents st encore pas là
Roger45 : ma pauvre petite, alors qu’il y a la fête
Amélie13a : ha bon ?
Roger45 : oui, les manèges, les jeux
Amélie13a : ha non c’est trop nul
Roger45 : et bien si tu veux je peux t’y amener
Amélie13a : c’est vrai ? je pourrais manger ds chichis
Roger45 : ho oui tu mangera tous les chichis que tu veux
Amélie13a : ben sa serait trop bien !
Roger45 : voui, tu pourras même faire du poney
Amélie13a : ouais !!!!
Roger45 : si tu veux on se retrouve au parc et on y va ensemble ?
Amélie13a : génial !
Amélie13a : de suite ?
Roger45 : oui bien sûr, on se retrouve sur le banc à côté de la fontaine ?
Amélie13a : trop cool j’arrive
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